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Claude trouve des failles de sécurité dans Chrome, Safari et Linux

Un modèle interne de Claude a trouvé des failles de sécurité dans Chrome, Safari, Android, Windows et Linux, puis écrit les exploits. Ce qu'il sait faire.

5 min de lecture

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Dans cet article
  1. Quelles failles de sécurité Claude a-t-il trouvées ?
  2. Qu’est-ce que ça change pour l’IA ?
  3. Quand ce modèle sera-t-il disponible ?
  4. À quoi faut-il faire attention ?
  5. FAQ

Le 27 octobre, la Frontier Red Team d’Anthropic a décrit cinq chaînes d’exploits construites par un « modèle de recherche interne non publié » (en VO : « an unreleased, internal research model »). Ces derniers mois, le modèle a cherché des failles de sécurité dans Chrome, Safari, Android, Windows et Linux, et dans chacun de ces systèmes il est allé jusqu’à une attaque critique, avec une interaction minimale de l’utilisateur, voire aucune.

Quelles failles de sécurité Claude a-t-il trouvées ?

Dans chacun des cinq cas, après le prompting initial, Claude a écrit seul toute la chaîne :

  1. Chrome : exécution de code à distance en un clic. La chaîne combine un bug dans le moteur V8, une évasion de la sandbox V8, une race condition dans CacheStorage et un use-after-free dans FedCM (le mécanisme de connexion de Chrome). Dans la démo, la Calculatrice se lance sur macOS quelques secondes après le chargement de la page. Jusqu’à Chrome 156, 62 CVE ont été attribuées et corrigées, toutes de gravité « critical » ou « high ».
  2. Safari : vol de données en un clic. Ici, pas d’exécution de code : un use-after-free dans JavaScriptCore, un contournement de l’isolation Gigacage et une faiblesse dans l’IPC de la sandbox ont permis de lire sur le disque l’historique, les cookies et les sessions, puis de désactiver la same-origin policy. Selon Anthropic, Apple a confirmé le signalement le jour même et a vite publié un correctif.
  3. Android : contournement de l’écran de verrouillage. Le modèle a extrait des photos et des données personnelles d’un Google Pixel 9 verrouillé, en combinant analyse de code, rétro-ingénierie des binaires de Google Play services et tests sur un vrai téléphone. Google a déjà corrigé le problème.
  4. Windows : DoS à distance. Une lecture hors limites dans l’implémentation QUIC du noyau Windows, accessible via HTTP/3. Quelques paquets suffisent pour que la machine se fige et redémarre. D’après les estimations d’Anthropic, il existe probablement plusieurs millions de serveurs de ce type sur Internet. Microsoft l’a corrigé sous le nom CVE-2026-33096.
  5. Linux : root zero-click. Le cas le plus grave : un attaquant distant envoie des paquets à un serveur doté d’un listener multipath TCP et exécute n’importe quelle commande en root, sans identifiants et sans aucune interaction de l’utilisateur. Dans la preuve de concept, la fuite d’un pointeur du noyau prend 48 minutes, et l’exécution d’une commande cinq de plus. Le correctif a été intégré à la branche principale du noyau et à toutes les branches stables maintenues (CVE-2026-98432).

S’y ajoutent des élévations de privilèges locales dans OpenBSD, FreeBSD et Linux, des évasions de sandbox et de nombreux bugs dans des applications web.

Qu’est-ce que ça change pour l’IA ?

D’abord, le niveau des cibles. Chrome, Safari, Android, Windows et Linux font partie des logiciels les mieux protégés au monde, et l’équipe d’Anthropic les traite explicitement comme un test des capacités des modèles en recherche de vulnérabilités.

Ensuite, la longueur des chaînes. Ce ne sont pas des bugs isolés, mais des attaques en plusieurs étapes où chaque étape franchit une couche de protection de plus (sandbox, ASLR, isolation mémoire). Pour Windows, Claude a d’abord fait la rétro-ingénierie de l’exécutable, notamment avec Ghidra, a écrit en C une reconstruction commentée du code, et n’a cherché les failles qu’ensuite, dans cette reconstruction.

Enfin, l’échelle. Anthropic a construit une plateforme où de nombreux agents de scan tournent en parallèle, chacun étant évalué sur le nombre de nouvelles vulnérabilités qu’il apporte. Pour chaque faille confirmée, Claude cherche automatiquement des variantes similaires ailleurs dans le code. Comme le dit le résumé, c’est une chose que les modèles savent désormais faire « avec peu d’intervention humaine » (en VO : « with little human involvement »).

On le sait, le lendemain Google a présenté Gemini 4 Carbon, lui aussi orienté vers la recherche de failles, et auparavant Bank of America avait fait venir 1 000 prestataires pour corriger ce qu’avait trouvé Claude Mythos. La course des modèles à la cybersécurité semble s’accélérer.

Quand ce modèle sera-t-il disponible ?

On ne sait pas. L’article ne donne ni le nom du modèle ni de date de sortie.

En revanche, on sait ce qui est disponible aujourd’hui. Anthropic a élargi son Cyber Verification Program, dans lequel des spécialistes de la sécurité vérifiés ont accès à des fonctions cyber avancées et à des classifieurs moins bloquants. Le programme couvre Claude Opus 5.5, Claude Sonnet 5.5 et Claude Mythos 5.1, et, d’après l’annonce, les prochains nouveaux modèles aussi.

À quoi faut-il faire attention ?

D’abord, à la divulgation. Toutes les failles ont été signalées aux éditeurs dans le cadre de la divulgation coordonnée des vulnérabilités : l’éditeur a 90 jours pour corriger, et Anthropic attend encore 45 jours avant d’en dire plus que l’avis public. Les cas décrits sont déjà corrigés, il suffit donc de mettre à jour navigateurs, téléphones et noyaux.

Ensuite, à votre propre code. Anthropic écrit sans détour que rattraper le retard de correctifs n’est que la moitié du problème et que scanner son propre code est « plus important que jamais » (en VO : « more important than ever »). Pour scanner dès l’étape des pull requests, l’entreprise a publié le plugin security-guidance pour Claude Code. J’ai écrit plus en détail sur la protection de vos propres agents dans le guide sur la sécurité des agents IA.

Enfin, au revers de la médaille. Si un modèle assemble seul un root zero-click sur Linux, des outils similaires finiront probablement aussi entre les mains des attaquants – d’où la prudence d’Anthropic dans l’ouverture de l’accès.

FAQ

Les failles de sécurité trouvées par Claude sont-elles déjà corrigées ?

Selon Anthropic, oui : Chrome (jusqu’à la version 156), Safari, Android, Windows (CVE-2026-33096) et Linux (CVE-2026-98432) ont déjà leurs correctifs.

Avec quel modèle Claude ces failles ont-elles été trouvées ?

Avec un modèle de recherche interne non publié. Anthropic n’a donné ni son nom ni sa date de sortie.

Puis-je utiliser Claude pour chercher des failles dans mon propre code ?

Oui. Pour la revue des pull requests, il existe le plugin security-guidance pour Claude Code, et les spécialistes de la sécurité peuvent postuler au Cyber Verification Program pour obtenir un accès moins restreint à Opus 5.5, Sonnet 5.5 et Mythos 5.1.

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